Tous les parents et les enfants savent qu’au début du mois de mars, il y a la relâche permettant à tous de vivre une semaine en dehors des activités routinières. Les Ukuliens aussi ont eu leur relâche, ce n’est pas que l’école a été suspendue pour une semaine, car si on veut compléter le programme d’apprentissage prévu avant le retour en classe régulière à la mi-mai, nous ne pouvons pas arrêter pour une aussi longue période, les 2 heures quotidiennes ont donc été poursuivies pendant toute la semaine mais des activités inhabituelles se sont déroulées pendant cette semaine.
Pour nous, changer la routine a été de profiter d’une semaine de marina, gracieusement offerte par la Casa De Campo, suite à notre inscription pour la participation à la régate de ce week-end. Quand on vit continuellement à l’ancrage, être à la marina permet de vivre dans un environnement inhabituel, permettant à tous de mettre pied à terre à sa guise, une liberté très appréciée ! Sommairement notre semaine de relâche a été une semaine de retrouvailles, de rencontres, de repos, et finalement de régates.
Des retrouvailles inattendues se sont passées depuis que nous sommes arrivés à la marina de Casa de Campo, imaginez que le hasard a voulu que nous retrouvions des gens que nous avions croisés à l’automne 1999, alors que nous convoyions un voilier par la Côte Est des États-Unis. Il s’agit d’ un couple français, Philippe et Jackie qui vivait sur leur voilier YAYA, avec leurs 2 filles de 6 et 12 ans. On les recroise donc ici encore sur YAYA, 11 ans plus tard, par pur hasard, car nous n’avions pas gardé contact depuis. Ils n’avaient pas navigué depuis 3-4 ans, mais cette année, ils sont descendu du Maine avec leur voilier pour venir travailler ici. Philippe est un artiste-sculpteur (aussi bédéiste : voir Willy-go), car il trouve ici des matériaux (bois, marbre, …) inhabituels et à bons prix. Imaginez que nous en avions des choses à raconter après plus de 10 ans !! Et c’est maintenant à nous de vivre sur notre voilier en famille.
Notre première rencontre a été lors de notre visite à Bayahibe, petit village touristique situé à proximité.
Nous avons beaucoup aimé découvrir ce bourgade typique, mais ce que nous avons tous apprécié est la rencontre que nous y avons fait avec Patrick Junior Joseph.
Alors que nous étions à pique-niquer sur le bord du lac présent dans ce petit village, un jeune noir (22 ans) s’est approché de nous car il entendait que nous parlions français. Nous nous sommes mis à discuter pendant une bonne heure, pour nous permettre d’apprendre qu’il est un haïtien, venu s’établir ici, sans un sou, pour fuir son pays suite au tremblement de terre s’étant produit voilà plus d’un an dans son pays. Il a alors vu mourir ses parents et son frère cadet, et plusieurs autres membres de sa famille élargie.
Depuis, il subsiste à ses besoins de se nourrir et se loger en occupant un emploi temporaire (saison touristique) comme vendeur (il reçoit par exemple 1$ pour un tableau qu’il vend 20$, il n’a aucun autre salaire que cette commission qu’il obtient des ventes qu’ils réalisent dans une journée). Charles et Thomas écoutaient de façon très attentive, et le questionnait aussi, car il était très cultivé et et s’exprimait bien. Aussi il s’intéressait à la vie au Canada, car il souhaiterait venir s’y établir compte-tenu de la langue. Ce fut pour nous tous une remarquable leçon sur la vie !
La deuxième rencontre, que notre équipage a fait, a été avec la famille de Diego qui est un jeune français, de 12 ans, qui vit ici avec ses parents (Caroline et Jean-Pierre), à bord de leur catamaran. Ils habitent en Rép. Dom. (comme disent les français) depuis plus de 5 ans pour le travail de son père qui est un réputé artiste-peintre et designer de meubles (Frey). Évidemment, Charles et Thomas ont vite fait de créer des liens avec Diego, ils ont ainsi passé quelques soirées à écouter des films et jouer à des jeux vidéo. Et plusieurs heures à faire du uni-skate, au grand plaisir de Charles qui voulait justement apprendre cette activité !
Comme nous étions au même endroit pour toute une semaine, nous avions du temps pour nous reposer, ainsi toutes les après-midis, les parents ont pu faire la sieste,
Pas facile la vie de millionnaire :
pendant que les enfants s’amusaient à terre. Mais il faut avouer qu’à quelques reprises pendant la semaine, la sieste s’est faite sur la merveilleuse plage de Casa de Campo,
où une grande quantité de chaises longues, de parasols, et de petits divans nous attendaient,
pendant que les enfants jouaient avec les planches de surf ou au ping-pong.
On a été surprit de voir que même ici , il y a des supermarchés comme par chez-nous à prix très compétitif !
Le fait que nous restions à la marina étant les régates de la fin de semaine, nous nous sommes préparés pendant la semaine, car il fallait entre autre : décharger Ukulu des équipements extérieurs (kayak, 2e ancre, bidons essence, …) qui nuiraient au dynamisme d’Ukulu. Même si on sait fort bien que le poids de 14 tonnes est le plus gros handicap d’Ukulu pour des courses contre d’autres voiliers. Les gars ont aussi pris très au sérieux la compétition en s’entraînant régulièrement à la course à pied, car ils voulaient augmenter leurs muscles et leurs capacités cardiaques, car notre capitaine tenait à ce que les manoeuvres aux winchs se fassent rapidement pendant les régates du week-end, et difficile à croire mais c’est très exigeant !
Somme toute nous avons passé une très belle semaine faite de retrouvailles, rencontres et de repos!
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