
Notre traversée de La Jamaïque (Montego) jusqu’aux premières Îles Est des Jardins de la Reine à Cuba était de 120 milles. Nous avons attendu un vent de l’Est pour faire le tout par vent de travers. Malgré la vague très courte (genre 1-2 secondes) qui nous faisait buter régulièrement, nous avons encore pu tenir une moyenne d’environ 6 noeuds, pendant tout le trajet, le vent de 12-15 noeuds s’étant maintenu toute la nuit.

Nous avions prévu arriver au petit matin, pour ainsi approcher la passe qui présentait des récifs de corail. Pour se faire nous avons dû réduire les voiles (prendre 2 ris dans la GV et enrouler le génois) pour ne pas y arriver avant le lever du jour. pour passer les récifs, et aussi parce que le vent avait légèrement tourné vers le Nord, nous avons terminé, à moteur, la dizaine de derniers milles pour atteindre le mouillage.
la vie est parfois cool en navigation :

L’endroit identifié, Grande Cayo est une grande baie protégée compte-tenu de sa forme en demie-cercle.

Après une petite sieste, nous sommes allés plonger sur la “tête de coraux” qu’il y avait juste derrière le bateau et à moins de 10 pieds de profondeur. Ça ne faisait pas 10 secondes que les boys étaient à l’eau, ils nous criaient qu’ils voyaient des langoustes, vous imaginez donc que la pêche a été bonne !!
Après 3 bonnes heures à patauger autour de cette tête de corail, nous avons sorti 5 belles langoustes et 1 crabe. Nous étions tous contents de renouer avec les belles pêches que nous avions réalisées les années antérieures dans les Bahamas.


Nous sommes revenus au bateau, et là un petit bateau cubain (genre barque) nous a approché pour nous offrir de la langouste !! En échange, ils (les 2 gars) ne voulaient que 2 “frias” (2 cannettes de Coke), on les leur a donné pensant qu’ils allaient nous donner qu’une langouste, on a donc été bien surpris qu’ils nous offrent 6 belles queues de langoustes. Nous avions de quoi faire une grosse rasade, et même trop, on en a donc mis au congélateur.

Nous avons passé la journée suivante à ce même mouillage, sans même retourner au corail, on s’en était suffisamment gavé, car après un diner de petits pains farcis à la langouste, nous voulions autre chose pour le souper ! Difficile à imaginer !

Le lendemain nous avons repris notre route de découverte dans les Jardins de la Reine. Comme les profondeurs sur les parties du banc au nord sont souvent très minimes (aussi peu que 5 pieds) nous avons repris le large pour longer les îlots sur environ 25 miles, et nous arrêter pour la nuit dans un petite passe, nommée Pasa Cachiboca. Celle–ci était bien identifiée dans nos 2 guides nautiques comme arrêt pour la nuit, car la profondeur est suffisante (env. 15 pieds), mais ce qu’ils ne disaient pas c’est que les courants de marée y sont très importants. Au moment de notre ancrage et toute la soirée tout était effectivement très bien avec une eau limpide. Le tout s’est gâché au début de la nuit (comme toujours !!) lors du changement de marée, la marée et le vent étaient maintenant contraires, avec un courant de marée (de 4 kn selon le GPS lors de notre sortie) contre un vent de 15 à 20 kn.
Notre Ukulu ne réussissait à se stabiliser entre ces 2 forces contraires, ce qui nous a valu à notre capitaine une nuit blanche à surveiller le GPS et le radar pour évaluer si notre ancre glissait (en vocabulaire marin : “si on chassait”), car l’espace libre était vraiment restreinte, compte-tenu entre autre de la présence de 2 autres voiliers ancrés juste en aval du courant ! Il faut dire que notre oeil est un bien mauvais évaluateur dans ces conditions (tout bouge : notre voilier, les bateaux voisins, les points de repère, de plus le vent siffle et le clapot frappe continuellement). On a toujours l’impression que les lumières (d’ancrage des voisins) s’approchent. Après plusieurs minutes de doute sur nos observations, on a conclu que dans cette situation les équipements électroniques sont de meilleurs outils que les perceptions. Ainsi après avoir fixé un rayon d’action sur le radar, en plus de celui mis de façon habituelle sur le GPS, il a été assez facile de conclure, que malgré les mouvements (de nous et d’eux) que nous nous n’en approchions pas !! On met donc des alarmes sur ces équipements et on peu redormir un peu (sur une oreille !) jusqu’au petit matin.
Pas besoin de vous dire que dès le lever du jour, nous avons levé le camp (!) pas question de rester une autre nuit ici ! Nous avons donc profiter du vent du matin car il faut dire qu’ici, à Cuba, les conditions sont assez inhabituelles, il se met à venter (passablement car toujours 15-20 kn) au début de la nuit et ce vent cesse vers l’heure du midi, pour reprendre un peu avant minuit, ainsi de suite !! Nous avons fait encore un 25 milles, en passant à mi-parcours dans le Canal de Caballones pour entrer sur le banc, car nous voulions atteindre le “Cayo Cuervo”. L’endroit est assez connu, car 6 bateaux de pêche à la crevettes y étaient ancrés et finalement 6 voiliers (3 allemands, 2 français et nous) allaient aussi être présents à cet ancrage pour la nuit.

Nous y sommes arrivés par calme plat, dans une eau turquoise qui malheureusement n’était pas limpide. C’est ce qui nous déçoit le plus des Jardins de la Reine, la visibilité sous l’eau est très faible, mais comme les langoustes sont très nombreuses, on les trouve souvent dans des coraux à moins de 5 pieds de profondeur. Ce qui fait notre bonheur, car c’est très facile de les attraper, encore là en moins de 45 minutes nous avions 5 langoustes dans notre seau. Un autre excellent souper pris dans le cockpit mais cette fois-ci, nous étions sous les rayons de la pleine lune. Le plein bonheur !

Comme les jours sont maintenant comptés avant la fin de notre voyage, nous avons décidé de poursuivre notre route dès le lendemain, pour continuer notre navigation sur le banc et atteindre 40 milles plus loin le “Cayo Zaza de Fuera”. Nous avons pu faire un peu plus de la moitié de la distance à la voile par un vent portant de 15 kn, mais la 2e partie fut faite à moteur. Compte-tenu de la distance, ce fut une dizaine d’heures de navigation, pour lesquels il faut avoir une surveillance très rigoureuse car il y a plusieurs cayes (récifs de différentes grosseurs, perceptibles ou non à l’horizon) et les profondeurs d’eau sont faibles (quelques fois dans les 12-15 pieds). Comme nos boys prennent de plus en plus de confiance sur le roulement du bateau, nous leur demandons de faire chacun un quart de surveillance d’une heure. Ce qui permet aux parents de s’occuper à l’intérieur de différentes autres tâches (Guy continue son travail de gestion pendant toute l’hiver, ce qui lui exige beaucoup d’échange courriels et Doris doit voir aux repas et à la correction des travaux scolaires).
Nos matelots savent bien qu’ils doivent surveiller de façon rigoureuse le cap tenu par le pilote automatique, de faire les changements de cap pour garder la route tracée sur le GPS, de toujours garder un oeil sur le profondimètre et sur la circulation car plusieurs bateaux de pêche naviguent dans le secteur. Cette responsabilité leur fait comprendre que certaines tâches sont exigeantes.

L’approche du mouillage “Cayo Zaza de Fuera” n’a pas été aussi facile que le laissait présager les cartes et guides car les profondeurs ne coïncidaient pas avec la réalité. Ainsi, nous avons dû avancer sur une centaine de mètres avec moins que quelques pouces d’eau sous la quille du bateau. Mais une fois ancrés tout était bien OK, tellement que nous y sommes restés 2 jours pour s’y reposer. Après avoir fait le tour complet de la caye en dinghy, Guy et Thomas ont conclu qu’il n’y avait pas de coraux ici, malheureusement pas de langoustes à manger pour ces jours-ci, on se nourrira donc avec les conserves de viande en pots Masson qui nous restent encore en assez grande quantité. Chaque année, nous partons avec une quarantaine de pots de viande (poulet, boeuf haché, saucisses, …).
Comme nous étions entrés à marée haute qu’avec quelques pouces d’eau sous la quille, il fallait bien ressortir à la même période de la journée. Nous avons donc sortis juste avant la tombée du jour pour reprendre le large et poursuivre notre route vers Cienfuegos, il nous restait une soixantaine de milles, donc juste assez pour y arriver au petit matin ! Comme toujours ici à Cuba, le vent s’est levé en début de soirée, de direction nord avec une force d’environ 10-12 kn, ce qui a permis à Ukulu d’avancer tout doucement sur une mer plate !! Une nuit de rêve en navigation, car tous les marins savent que les nuits en navigation peuvent facilement tourner au cauchemar !!
Tel que prévu, nous sommes arrivés au lever du jour à l’entrée de la baie de Cienfuegos.

L’entrée de cette baie est assez particulière, il s’agit d’un étroit canal sur environ 1 mille bordé par des habitations ayant des petits quais pour y attacher leurs barques.

Mais, il y a aussi le quai des douanes, identifié Bienvenidos Cuba Socialist, où il faut signaler, sans faute, notre arrivée.

La vidéo ;
Ce canal s’ouvre sur une très, très grande baie fermée (surface d’un peu moins de 100 km2 et 25 km de pourtour). Tel que promis aux douaniers, on se dirige alors vers la marina de Cienfuegos, pour y faire nos douanes. Comme à toute arrivée dans un pays, Ukulu porte un drapeau de quarantaine (drapeau jaune). Dans ce cas-ci à Cuba, un médecin doit venir à bord pour “lever la quarantaine”, il nous pose quelques questions sur la santé des membres de l’équipage, compte-tenu des réponses négatives (aucun problème de santé à bord) que nous lui donnons, il nous dit de retirer notre drapeau de quarantaine; et là, la procédure d’entrée peut débuter. Comme dans la majorité des pays, plusieurs services administratifs (douanes, immigration, ….) entrent en “jeu” (si on peut appeler cela un jeu !). Et ils viennent à tour de rôle, soit pour des questions, les papiers du bateau et/ou les passeports, pour compléter leurs formulaires, mais tout ne ce fait pas à bord, ils retournent dans leurs bureaux respectifs à la marina, il n’y aura que 2 seules visites à bord, dont un chien pour vérifier la présence de stupéfiants. De plus, ils mettent sous scellé (dans un compartiment inutilisé du bateau qu’ils ferment un autocollant identifié Cuba), nos équipements électroniques mobiles soient la VHF portable, le GPS portable, et le téléphone-satellite, afin que nous ne les remettions à aucun cubain. Ces appareils pourraient leur servir s’ils voudraient quitter l’île !!
Leur cordialité et leur gentillesse sont des plus agréables, ce qui facilite le déroulement des 2 heures pour compléter l’ensemble de la procédure, qui ne nous est pas paru aussi fastidieuses que ce que d’autres nous avaient parlé, mais il faut dire que ces gens avaient navigué sur la côte nord de Cuba.
Compte-tenu du coût peu élevé pour rester à quai à la marina, soit 0,43$/pied/jour, nous décidons que nous allons y amarrer Ukulu pour les 5 prochains jours car nous désirons quitter pour aller faire des visites dans des villes voisines de Cienfuegos. Si nous aurions décidé d’aller nous ancrer juste devant la marina, ce qui est la seule possibilité car l’ancrage est interdit dans la Baie de Cienfuegos, nous aurions dû venir à la marina pour y laisser notre dinghy à chaque fois que nous voudrions aller à terre, ils nous disent que la marina est le seul endroit que l’on peut le laisser car aucun cubain (autre qu’employé de la marina) ne peut venir, afin que personne ne quitte le pays ! De plus, il nous est strictement interdit de se promener avec notre dinghy dans la baie et si nous sommes à l’ancrage, chaque nuit nous devons le remonter sur notre voilier, pour qu’aucun cubain ne le prenne (ça pourrait être un moyen de transport pour quitter le pays !) Tout un contrôle !.
Ainsi, nous avons passé 5 jours à cet endroit dont 2 pour visiter la ville de Cienfuegos, qui nous a été très agréable, les endroits sont hyper-propres et les gens très gentils qui prennent le temps pour nous expliquer le plus clairement possible (car le tout est en espagnol), comment se retrouver, quoi visiter, et pour jaser avec nous.

De plus, le coût de la vie est bas pour nous, et pour NOUS seulement les touristes ! Il faut mentionner qu’il y a ici 2 monnaies, la monnaie des cubains, “les pesos” (25 pesos = 1$) et la monnaie des touristes “les cooks (CUC)” (1 CUC = 1$).

En principe, en temps que touristes, nous devrions acheter tout en “cook” sauf que dans certains magasins et restaurants, les prix ne sont affichés qu’en pesos, donc on paye en pesos. Ce qui nous est revenu à 5$ pour 4 sandwichs et 4 breuvages dont 2 bières.

Les cubains, eux, ne trouvent pas le coût de la vie bas car leurs revenus sont très très bas. Imaginez, ils gagnent en moyenne 10$ par mois, mais plusieurs choses leur sont fournis : logement, nourriture (mais pour les choses de base comme le riz, le lait, les oeufs, la farine qui leur sont remis régulièrement selon le nombre de membres dans la famille). On pourrait comparer cela une allocation que l’on donne à un jeune qui es logé et nourri par ses parents !
Compte-tenu de ce faible montant, peu de cubains réussissent à s’acheter des automobiles, donc les modèles (Ford, Chevrolet, …) des années 50, qui étaient sur l’île avant l’embargo des États-Unis, y sont encore et elles sont fonctionnelles, et leurs propriétaires (par legs familial) en sont bien fiers !


Pour comprendre Cuba, il faut connaitre un peu son histoire, voici très brièvement, les principaux moments historiques. De 1902 à 1958, Cuba est une colonie vouée à la monoculture du sucre, les hommes d’affaires américains s’y précipitent pour acheter des canneraies et cie. Après plusieurs années de différents coups d’états, 1959 marque la révolution menée par Che, Fidel et Raùl Castro, Fidel est alors entré au pouvoir ce qui marqua la chute de l’impérialisme. Cuba devient alors la première nation socialiste de l’hémisphère américain ! Pour contrer ce socialisme, le président Kennedy enrôlent des exilés cubains de Miami pour créer un soulèvement populaire à Cuba. Fidel gère les opérations d’une main de fer, et il sort gagnant de ce débarquement à la Baie de cochons. Compte-tenu de cette situation, les USA ont décrété, en octobre 1962, un blocus économique contre les cubains. Celui-ci est encore en force aujourd’hui. Ce qui occasionne qu’aucun produit américain n’entre directement à Cuba, que les vols entre Cuba et USA sont quasi-inexistants, que les touristes (incluant les navigateurs) américains boudent Cuba, …
Cienfuegos en photos :









Pour connaitre, un peu plus la vie à Cuba, et ses endroits historiques, nous tenions à aller visiter Trinidad, il s’agit de la ville coloniale la mieux conservée de toute l’île, et c’est aussi pour cela qu’elle fait partie du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Cette ville se situe à 80 km à l’est de Cienfuegos, au début des montagnes centrales (Sierra de l’Escambray) et à moins de 5 km de la mer des Caraïbes. Nous avions prévu y aller en bus (très bon service car peu de cubains ont des autos), mais juste avant d’entrer au terminus, un des nombreux taxis particuliers présents à cet endroit nous a offert de nous y amener pour le même tarif (24$, car on devait payer le bus 6$/personne). On a donc choisi d’y aller en taxi, ainsi une vieille Toyota nous a amené à Trinidad en une heure, sur des routes très très peu achalandées et de belle qualité. Le trajet nous a permis de voir la campagne, qui est, somme toute, très peu habitée et peu exploitée (pas de grandes cultures).
Dès notre arrivée à Trinidad, nous avons évidemment remarqué que la ville avait gardé ses caractéristiques d’origine (fondée en 1514), soit des rues avec du pavage fait de pierres. Et les rues ne sont disposés selon un quadrillage habituel, mais elles se dirigent vers le centre, précisément l’église. Il nous a pris un certain temps avant de s’y retrouver, car en plus les rues portent 2 noms (celui avant la révolution et celui donné après celle-ci, mettant des noms de personnes en évidence).



Marcher dans ces rues avec en arrière-plan les montagnes verdoyantes donne à Trinidad une ressemblance avec des villages alpins, surtout en y voyant les chevaux des calèches pour déplacer des gens ou du matériel. Il s’agit d’un moyen de transport encore bien utilisés par les cubains.


Comme nous désirions y passer une nuit, nous avons visiter quelques “casa particuliar”, il s’agit de maisons privées dans lesquelles les propriétaires mettent des chambres à la disponibilité des touristes. Cette ville étant très touristique, il y en a plusieurs. Après la visite de certains de celles-ci, nous avons décidé de “rester” chez Raquel.

Il y avait 2 grands lits dans une belle chambre colorée qui avait l’air climatisé, pour le prix de 25$. Nous avons visité la ville, pendant quelques heures puis sommes venus y faire une petite sieste avant de ressortir pour le souper. Nous avions choisi d’aller à un restaurant dans une autre “casa”, car la plupart offre aussi les repas. Il nous est donc possible de manger la cuisine telle qu’ils la font tous les jours. Nous avons eu chacun un repas complet de riz avec crevettes ou poulet au tarif de 7$/personne.

Pour la soirée, Guy et Charles sont allés assister sur le parvis de l’église à un beau concert d’un groupe de cubain, dont un guitariste remarquable.

Le lendemain, le déjeuner, de pain, jambon et beaucoup de fruits, nous a été offert par Raquel. La maison est spacieuse, mais ils mangent le plus souvent dans la cour intérieure très bien aménagée, nous avons donc paressé au soleil en sirotant nos jus.


Trinidad en photos ;








Puis vers 10h, nous avons quitté pour terminer nos visites, nous voulions aller au village voisin de Casilda qui est, à 5 km, sur le bord de la mer. Pour s’y rendre, nous avons pris, à 1$ pour 4 personnes, une calèche, et au grand bonheur des boys, ils ont pu s’assoir à l’avant et tenir les rênes.



Nous avions donné rendez-vous à notre “taxi” d’hier pour venir nous chercher à 14h, mais comme à 14h il n’était pas encore arrivé (ou il avait décidé de ne pas venir!), nous en avons trouvé un autre. Cette fois-ci, ce fut une vieille Lada, très très déglinguée, qui nous ramena à Cienfuegos.

A notre arrivée la ma marina, les boys ont été très contents de retrouver leurs amis français, Hugo et Victoria, du voilier Namasté, avec qui nous avions navigué à Haïti, en Jamaïque et dans une partie des îles de la Reine.

Nous avons donc passé 2 autres journées avec eux, avant de quitter la marina, alors qu’eux quittaient pour une visite à La Havane. Nous, compte-tenu du temps qui file, nous avons décidé de ne pas y aller.

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Voyages 2011-2012